13 juillet 2008
On The Blog Again...
"Le voyage ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain."
Demain justement...
Je l'avais annoncé dès mon retour en septembre dernier. Nous y voilà. C'est reparti pour un tour. Demain je m'envole au Braziou pour 2 mois, et je me refais par la même occasion un p'tit coin sur la toile. Blogounet Edition 2008, c'est parti.
Rien de comparable cette fois avec le plongeon dans l'inconnu de l'année dernière. Je retrouve dès demain, à la descente de l'avion à Rio, Fabio, sa famille et Luiz.
C'est un de mes grands bonheurs. Retourner à des endroits de l'autre bout du monde. Y retrouver des gens. Y reconnaître des lieux. Y vivre de nouvelles aventures.
De nouvelles aventures...
Cette année le plan, ou plutôt l'idée - parce que rien n'est figé, tout peut bouger au grès des rencontres et des envies - serait de remonter la côte de Rio jusqu'à São Luís. Plusieurs milliers de kilomètres de côte brésilienne à découvrir et certainement autant de rencontres, si l'on considère l'incroyable hospitalité des brésiliens.
Autre changement cette année. Je pars seule, mais je ne vais pas faire route seule. Maya, que j'ai rencontrée dans un bus entre Rio et Porto Seguro l'an dernier, arrive dans 2 jours. Le duo se reforme pour de nouvelles aventures.
Et puis, après moultes discussions, j'emmène finalement dans mes bagages Jul'. Ma potesse. Elle me rejoindra dans un mois à Salvador, et nous ferons route ensemble vers le Nord. Vers São Luís, point final de ce périple brésilien. Ça promet.
Diplôme et licence en poche, ce voyage est le dernier de ma vie étudiante. Le dernier avant la vie active. À 28 ans, certains penseront qu'il était temps. Mais tous ces voyages, ces pays visités, ces gens rencontrés, ces expériences partagées m'ont incroyablement apporté et appris. Sur le monde. Sur l'Homme. Sur moi. Ben voui... les voyages forment la jeunesse ma bonne dame!
Alors en avant pour un nouvel apprentissage du monde. Et pour une nouvelle aventure blogounesque. Voyons voir si je serai aussi disciplinée que l'an dernier. Si ces deux mois de vadrouille n'auront pas raison de mon assiduité à l'écriture. Pour l'heure, l'envie de partager avec vous mes aventures est là. Alors à dans quelques lignes.
Clo
14 juillet 2008
Voyach', voyach'...
Courte nuit de 30 minutes et départ ensommeillé pour l'aéroport à 4h30 du mat'. Merci ma Pauline Pit'!

Je passe la totalité de mes deux vols à dormir. J'ouvre à peine un oeil pour manger. Dormir. Manger. Dormir. Manger. Et dormir. Je crois que ma voisine est impressionnée. Elle saisit l'occasion d'un de mes rares moments de conscience pour me dire que dis-donc... j'ai l'air très fatigué. Sourire poli, et me voilà déjà de nouveau dans les bras de Morphée.
Je suis réveillée par les applaudissements de l'atterrissage. Même si je sais qu'il y aura toujours une personne pour les lancer. Même si je sais que, comme une fièvre euphorique contagieuse, ils ne tarderont pas à se propager dans tout l'avion, je ne peux m'empêcher d'être surprise. À chaque fois. C'est un peu comme si... wow, on est arrivé! Le commandant de bord l'a fait. Ah... parce qu'on en doutait?
Je passe les portes de la douane après que Ronaldinho, placardé sur une affiche géante, me souhaite la bienvenue au Bresil. Fabio & Luich' sont là. Grands signes de la main, sourires, embrassades. Ça y est, je suis bel et bien arrivée.
Pendant le trajet qui nous conduit à la maison, nous parlons des jours à venir. On pourrait faire ça. Et puis ça. Et quand tu reviens en septembre, on pourrait... C'est parti pour 2 mois de vadrouille!
Arrivée à la maison, je retrouve les parents et la grand-mère de Fabio. La maman de Fabio me sert dans ses bras et me glisse un "saudade" à l'oreille. Presque un an après, leurs sourires et leur accueil sont intacts. "Tu es chez toi".
Clo.
15 juillet 2008
Rio... le retour
Réveil à 6h30 du mat'... en pleine forme. Le décalage horaire a eu raison de moi. J'attends sagement que la maisonnée se réveille. Chacun se lève en décalé et part au boulot. Danni, la jeune-fille qui aide la mère de Fabio arrive. Retrouvailles.
Aujourd'hui je réapprends.
Je réapprends le métro et les rues de Rio, l'hiver sous un beau ciel bleu et 25°, le portugais, la plage au beau milieu de la ville, les vendeurs ambulants de Copacabana, les tout p'tits maillots pour les femmes comme les hommes, les brochettes de crevettes sur la plage... Et le sourire du Brésil.
Ce soir mon réapprentissage continue. Caïpirinha à Ipanema avec Luich', Fabio et Priscilla sa copine.
Pas de doute, je suis bien au Braziou. On fait pire comme lesson!
17 juillet 2008
Rio, hétéroclite
Maya est arrivée hier. Les retrouvailles furent... bruyantes! Un an après s'être quittées à Salvador, nous voici de nouveau réunies pour parcourir ensemble les routes brésiliennes. Pour fêter ça, rien de tel qu'une caïpirihna aux fraises faite maison et une soirée dans un club de Samba.
Ce matin, nous partons à la découverte du vieux quartier de Santa Teresa et de son petit tramway de bois brinquebalant - bonde ou bondinho - qui gravit péniblement, mais courageusement les collines de Rio. Les enfants s'en donnent à coeur-joie. Ils courent, s'accrochent et sautent sur le tram' en marche qui s'essoufle dans les montées. Ils se défient entre eux et répètent l'opération jusqu'à ce qu'ils arrivent à destination. L'un d'eux jette son cahier d'écolier sur mes genoux, me lance un grand sourire, et entre dans le jeu en éclatant de rire. Dans les virages, conduire le bondinho est tout un art. Il est capricieux et ne se laisse pas facilement manier. Le petit train jaune fait régulièrement du grabuge aux intersections.
Une fois arrivé sur les hauteurs de Santa Teresa, c'est un autre visage de Rio que l'on découvre. Des ruelles pavées, des vieilles maisons décrépies, des murs colorés. Le contraste avec ce que je connais de Rio est saisissant.
Nous redescendons finalement des hauteurs pour rejoindre Luich' dans le centre de Rio, et flâner à Uruguaina, le marché populaire de la ville. C'est un dédale d'échoppes regorgeant de trésors en tout genre. Un beau bric-à-brac, doux mélange de contre-façons et d'objets tombés du camion...
Je rentre juste d'un jeudi soir à Rio de Janeiro. Caïpirinha, samba, sourires et joie de vivre. Soirée un peu folle avec Luiz et Danni dans les rues de Lapa.
Boa noite,
Clo.
PS. Mais... où est Charly?
18 juillet 2008
Métro, boulot, dodo... Metrô, praia, festa!
Objectif de la journée, se faire plaisir et goûter à tout ce que Copacabana a à offrir. Nous passons donc l'après-midi à guetter les vendeurs ambulants. Le choix semble inépuisable. Brochette de crevettes, brochette de fromage fondu à l'origan, noix de coco fraîche, pastèque... un régal pour les papilles. Et tout cela pour une poignée de reais.
Sur le chemin du retour, nous expérimentons la rame de métro réservée à la gente féminine aux heures de pointe. Sensation assez étrange de n'être entourée que de femmes. Messieurs, je vous laisse imaginer le tableau. Une rame entière de brésiliennes rentrant de la plage...
Je rentre tout juste d'une soirée complètement folle. Je n'arrive pas vraiment à trouver le mot juste. Liesse? Une espèce de communion dans la fête? Impossible à définir. Le Brésil... quel truc de dingue!
Un vendredi soir à Rio de Janeiro. Ça commence par une soirée très comme il faut. Une soirée à laquelle nous sommes invités par la fille de l'ancienne chef de Fabio. Ça ressemble à un goûter d'enfant. Ballons suspendus en grappes sur les murs, groupe payé pour l'occasion qui ruine l'ambiance plutôt qu'il ne la met, buffet garni... Nous arrivons assez dépités en découvrant le tableau, et programmons de nous éclipser rapidement. Pourtant, nous passons un bon moment Fabio, Priscila, Luiz, Maya et moi. Nous rions beaucoup et détonnons un peu au milieu de ces gens.

Après le gâteau, Maya, Luiz et moi filons à Lapa, le quartier de la fête populaire. Nous passons le reste de la nuit à danser sous les Arcs de Lapa, le pont que nous avons emprunté hier avec le bondinho de Santa Teresa. La rue est noire de monde. Il règne une impressionnante cacophonie. Ici une sono qui crache de la musique populaire brésilienne à pleine puissance, là Bob Marley, ici encore un groupe qui joue de la samba. Et surtout, surtout une euphorie contagieuse. La foule est dense, compacte et joyeuse. Tout d'un coup, un grondement monte dans la foule, puis des voix s'élèvent, et finalement une bagarre à coups de chaises éclate à côté de nous. Léger flottement... mais les gens continuent à danser. La fête n'a fait que se déplacer dans un mouvement quasi imperceptible.
Nous dansons jusqu'au petit matin dans une ambiance de folie, et c'est en marchant sur le chemin du retour que nous croisons la chose la plus folle et inattendue de la nuit... Une fête dans une station service! Un maximum de décibels. À une extremité, une première voiture diffuse de la musique funk brésilienne, à l'autre extremité, une seconde diffuse de la transe. Et au milieu, les gens dansent entre les pompes à essence... Unbeulibeubeul.
Je rentre à la maison avec de la musique et de la cachaça plein la tête.
19 juillet 2008
Un samedi bien paresseux
C'est un peu le camping en ce moment à la maison. Les parents de Fabio sont partis passer quelques jours en dehors de Rio. Du coup, la jeunesse a pris possession des lieux. La fine équipe est composée de Fabio et Pricilla, Maya - qu'ils ont invitée à rester -, Luiz et Danni - qui en profitent pour squatter -, Zilda-la-super-mamie, et moi.
Ce matin, tout le monde se réveille épuisé par la nuit de la veille. Et le déjeuner préparé par Danni n'arrange rien. La feijoada est délicieuse mais lourde. Après ce copieux déjeuner, branle-bas de combat général. Chacun se met en quête d'un petit coin pour faire la sieste. Squattage de la chambre de Fabio, de celle des parents, d'un matelas gonflable dans le salon, du hamac sur la terrasse... La maisonnée est anesthésiée. Tout le monde s'endort pour ne se réveiller qu'en début de soirée... et se préparer pour sortir.
Ce soir, nous allons tous les six à la Feira dos Paraíbas. C'est un immense marché de spécialités du Nordeste. Succession d'échoppes d'artisanat, d'étals de nourriture nordestine, de petits bars qui diffusent du forró, de mini-karaoke... Le tout dans un joyeux brouhaha très brésilien, chaque échoppe diffusant, bien sûr, sa propre musique. Les gens dansent le forró dans les allées, au milieu de la fumée des churrascos (grillades de viande), et la cachaça coule à flot. Un avant-goût de notre périple dans le Nordeste brésilien.
Aujourd'hui nous la jouons raisonnable pour profiter de notre dimanche. À une heure, tout le monde est couché.
20 juillet 2008
Garota de Ipanema
Aujourd'hui, dimanche, nous passons la journée à flaner dans Rio. D'abord à Lagoa, un immense lac au coeur de la ville. Ici les gens viennent se promener en famille, faire de l'exercice physique et promener leurs chiens-chiens. Leurs chiens-chiens affublés de petits noeuds et de tutus roses... Ce n'est pas comme si il s'agissait d'un chien ou deux. Non. TOUS les toutous sont deguisés pour leur promenade dominicale. Ridicule? Comique en tout cas.
Nous déambulons ensuite dans les rues du très huppé quartier d'Ipanema. Nous finissons par nous poser sur la plage. Elle est bondée. Tous les cariocas profitent de leur week-end pour paufiner leur bronzage ou étrenner leur nouveau maillot.
Descente de police sur la promenade qui borde la plage. En moins d'un quart de seconde, tous les vendeurs de rue ont déserté les lieux... pour les réinvestir deux minutes plus tard. Business is business.
Un peu plus loin, une fête s'improvise au beau milieu de la chaussée. Les voitures? Elles contournent simplement la fête. Un orchestre joue de la samba. Mêmes rythmes endiablés, même joie de vivre, mêmes fesses remuantes, même grain de folie...
Vous allez penser que j'invente des fêtes pour apporter un peu de piment à mes histoires. Mais non. Il se passe bien quelque chose d'un peu fou tous les jours à Rio de Janeiro.
Le club de futebol que supporte Fabio joue au Maracanã en cette fin d'après-midi. Pas question pour lui de rater ça. Nous avons donc droit à la radio à fond dans la voiture du retour. Et tout à coup... Goooooooooooooooooooooooooooooooool! Interminable... comme seuls les commentateurs brésiliens savent le faire. But pour le Vasco. Euphorie dans la voiture.
Ce soir Maya et moi quittons Rio. Nous prenons le bus dans lequel nous nous sommes rencontrées l'an dernier. 18 heures de route jusqu'à Porto Seguro, où Renato, un couchsurfeur qui a accepté de nous héberger nous attend.
En route pour Bahia...
À suivre!
21 juillet 2008
Porto Seguro, Bahia
Le bus dans le lequel vous venons de passer nos dernières 18 heures est une arnaque! Il était sensé être le même que celui de l'année dernière, genre catégorie de luxe... tu parles! Cette fois, pas de couverture. Pas d'oreiller. Et pas de p'tite boîte remplie de gâteaux. Et tout ça pour le même prix... Umpffff. En plus, la clim' est cassée. Elle est réglée à fond. Je suis juste en dessous. Il fait à peu près -15 degrés là-dedans. Je suis gelée. Et comme l'année dernière, toutes les trois heures, pause. Et toutes les trois heures, réveil forcé avec la lumière en pleine figure. Ce trajet est assez pénible.
C'est complètement abruties, mais soulagées, que nous arrivons à Porto Seguro.
Nous empruntons un autre bus, local celui-là, jusqu'à la mignonne petite maison de Renato. Il n'est pas encore rentré du boulot et nous a laissé les clefs... sensation étrange que de débarquer chez un inconnu en son absence.
Renato ne tarde pas à arriver. Malgré ses journées de boulot qu'il commence très tôt, nous allons faire un tour en ville. Manger un bout, et boire un coup. Et puis, tout le monde étant assez claqué, on file se coucher. Camping dans le salon de Renato.
22 juillet 2008
La grande évasion...
Après avoir passé la journée à la plage et pris quelques coups de soleil, nous passons le début de soirée avec Renato. Nous nous faisons livrer à manger - des hamburgers absolument géants - et apprennons à connaître un peu plus notre hôte autour de quelques parties de cartes. Puis, Renato crevé, file se coucher.
Maya et moi décidons d'aller à un concert reggae juste en dehors de la ville. Nous demandons notre chemin à un gars qui attend son bus. Son visage s'illumine. Il va aussi au concert et est seul. Il vient de Saõ Paulo et est ici en vacances. Il saute sur l'occasion - trop belle - et nous emboîte le pas. Nous arrivons hallucinés dans un endroit énorme, en plein-air, rempli d'une majorité d'ados hystériques. Fernando, notre nouvel ami, ne nous quitte pas d'une semelle. Il me fixe sans arrêt et me parle à 2 centimètres du visage. Il devient lourd. Il n'est pas méchant, juste lourd. Et pas marrant pour un sou. Maya et moi tentons une feinte en allant aux toilettes. Nous pensons pouvoir ainsi nous débarrasser de monsieur... Mais non. Il est coriace. Il nous attend à la sortie des toilettes. Trop, c'est trop. Bon... pas le choix. Nous planifions notre évasion. Je passe devant et ouvre le chemin. Go Maya! Gooooooo! À droite! À gauche! Ne te retourne pas! Surtout... ne te retourne pas! La foule est dense. Nous zig-zaguons ainsi quelques minutes, et puis... enfin seules! La grande évasion est un succés. Nous avons semé notre squatteur. Nous ne le reverrons plus de la nuit. Nous dansons jusqu'au petit matin.
Retour en moto-taxi assez épique. Nous manquons de tomber en panne d'essence, mais le gars qui me conduit, fort d'une technique pour le moins particulière, fait repartir notre engin. Il souffle tout simplement dans le réservoir d'essence. Amis bikers... prenez note!
23 juillet 2008
Itabuna
Aujourd'hui nous partons en bus pour Itabuna. Maya veut y faire de la capoeira. Son maître capoeira de Las Vegas lui a donné quelques contacts. Et Geo, mon ami de Seville habite ici avec ses enfants.
5 heures de route. Pour des petits trajets comme celui-là - 5 heures de voyage, à l'échelle brésilienne est bien un petit trajet - le bus s'arrête n'importe où. Dès que quelqu'un fait signe, le bus s'arrête. Avec toutes ces pauses, ce trajet qui devait durer 4 heures en dure une de plus. L'occasion d'observer les incroyables ciels du Nordeste.
Un des capoiristas vient nous chercher à la gare des bus et nous emmène directement à l'académie. 2 heures de cours de capoeira. Intense! Le cours fini par la traditionnelle roda. Les capoeristas se défient les uns après les autres dans un cercle formé par les autres joueurs. Pas évident quand on ne connaît que le ginga et quelques postures d'attaque. Mais pas moyen de se défiler... Et puis il n'y a ici aucun jugement. Chacun fait avec ses connaissances et son niveau. Alors, tant bien que mal, je me lance.
Après le cours, j'appelle Geo qui nous rejoint à l'académie avec 2 amis. Retrouvailles. J'aime beaucoup Geo, sa gentillesse, sa sérénité, son sourire et ses yeux rieurs.
Après avoir mangé un bout, nous allons chez lui et retrouvons ses deux enfants, Yang et Mariana. Tout le monde est content de se revoir, un an après. Les enfants nous présentent... à leurs poissons rouges : Adam & Evo, un couple homosexuel!
Nous promettons aux enfants des parties de uno pour le lendemain... comme l'année dernière. Certaines choses ne doivent pas changer. Et la traditionnelle partie de uno en fait apparemment partie.
Pour l'heure, nous allons passer la nuit chez la maman du maître capoeira de Maya. Coïncidence, elle habite dans la rue juste derrière celle de Geo.











































