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Partie faire un tour

17 août 2007

Estou na Bahia

Derniers signes de la main à Fabio & Luiz à travers la vitre du bus.
Les aurevoirs ne sont pas tristes. On se revoit dans 3 mois... à Paris. Incroyable. Fabio a gagné un billet aller/retour Rio-Paris. Du coup, Luiz vient aussi. Vous êtes donc prévenus... mi-novembre, festa brasileira, caipirinha et cours de samba a casa.

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Me voici donc prête à vivre les prochaines 18 heures dans ce bus... Oupa!
Coup de chance, je n'ai pas de voisin. Je m'installe. Je m'étale même.
Ce bus, c'est le top niveau des bus. Classe millenium. Position quasi-allongée, oreiller, couverture, écouteurs pour le film (qui coupera 10 minutes après le début et dont on n'entendra plus jamais parler), petits gateaux et fontaine d'eau potable à l'arrière. C'est plus confortable que l'avion.
Toutes les 3 heures, le bus fait une pause. Toutes les 3 heures, le chauffeur change. Et toutes les 3 heures, réveil forcé. Chaque nouveau conducteur se présente, donne l'heure et le lieu du prochain stop et termine sa tirade par "Que Dieu nous accompagne". Euh... Ok.
Voyagent dans ce bus une majorité de brésiliens, un couple de touristes et 2 autres voyageuses solitaires. Au début, chacun reste de son côté et se jauge... Ce n'est qu'au matin, au bout d'une quinzaine d'heures de cohabitation silencieuse, que nous brisons la glace. Il y a Maya, israélienne vivant à Las Vegas et Reija une illuminée finlandaise qui ne jure que par la capoeira. Nous discutons un peu de nos destinations respectives. Quand je parle de l'endroit inconnu au bataillon que m'a indiqué Ricardo, Maya change ses plans et décide de me suivre.
Arrivée à Porto Seguro sous la pluie. Pas un crachin breton... une douche tropicale qui détrempe tout en 5 minutes.

Mon solo n'aura pas duré bien longtemps puisque me voici partie en duo avec Maya pour Santo André, un peu plus au Nord de Porto Seguro. Après 18 de bus depuis Rio, nous enchaînons avec une heure de bus et 1/4 d'heure de bac. Le dernier bus que nous devons prendre n'arrivant pas, je hèle un camionnette qui nous fait grimper à l'arrière. Entrée dans Santo André après presque 24 heures de voyage, cheveux au vent et un look d'enfer.

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16/17 Août
Santo André. Minuscule village de pêcheur de 1015 habitants. Nous trouvons ici un petit havre de paix. On a vraiment l'impression d'être au bout du bout. Nous sommes probablement les seules touristes. Ou s'il y en a, ils sont bien cachés.
Les habitants sont d'une gentillesse et d'une chaleur incroyable. Les deux jours que nous passons ici s'écoulent plaisiblement. La vie est douce.
Squat du hamac du voisin.
Promenades le long de la petite rue principale sablonneuse et bordée de palmiers.
Arrêt papotage devant l'épicerie avec Wagne, le fils des propriétaires.
Guidées par la musique nous nous incrustons même à un cours de danse afro-brésilienne pour enfants dans le minuscule centre culturel du village. Le cours fini, nous sommes escortées par toute une ribambelle d'enfants qui nous poussent dans leur école et insistent pour que l'on visite chaque salle de classe. Nous sommes gênées d'interrompre les cours, mais les professeurs, aussi enthousiastes que leurs petits élèves nous invitent chaleureusement à entrer. Une à une, chacune des 3 salles de classe est donc visitée consciencieusement.
Ballades le long de la plage. Je bois ici le meilleur jus de fruit frais de ma vie... Un cocktail détonnant d'ananas, fruit de la passion, mangue, citron et eau de coco. Le tout servi dans l'écorce de la noix de coco. Nous croisons Romolo, un brésilien que nous avons rencontré en attendant le bac. Il nous invite à une fête ce soir.
Mémorable soirée... Une ambiance de folie. Des danseurs de samba et de forró expérimentés dans tous les coins. Maya et moi sommes le centre de toutes les attentions. Chacun y va de son conseil pour améliorer notre "rebolation" (vous vous souvenez?). Nous faisons la connaissance de Fabrizio et Anderson et surtout... surtout de Flavio. Flavio. Tout un poème. Renato de la Cage aux Folles, ça n'est rien à côté de lui. Il se surnomme lui même balerina, enchaîne des pas de danse classique les uns après les autres et maîtrise le "rebolation" comme personne.

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C'est avec un petit pincement au coeur que nous quittons Santo André. Si ce village a quelque chose de spécial, il le doit surtout à ses habitants.

Le bus qui doit nous reconduire à l'embarcadère nous file sous le nez. Je hèle une voiture qui accepte de nous déposer au bac. De l'autre côté du fleuve, Fabrizio nous attend. Il vient du Pernambuco et habite ici à Bahia depuis quelques mois. Il ne connait pas Arraial d'Ajuda - notre prochaine étape - dont nous lui avons parlé la veille. Il décide de venir y passer la journée avec nous. Rebelotte : bus - bateau - bus.

Arraial d'Ajuda
Retour à la civilisation un peu brutal. Arraial est une petite ville assez touristique. C'est un peu étourdissant après la tranquilité de Santo André. Mais l'après-midi tous les 3 est très agréable. Promenade, plage et fête forraine locale... On passe un moment au stand de tir. Les cibles sont des barres chocolatées et le gain est le biscuit shooté. C'est donc un gateau en miettes que l'on récupère.

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En fin de journée, Fabrizio retourne chez lui, Maya vaque à ses occupations et moi, je retrouve mes habitudes de voyageuse. Faire, défaire et refaire mon sac sans cesse, laver mon linge dans un lavabo bouché par une chaussette, dormir dans mon sac à viande... c'est bon d'être sur la route!

Je m'entends très bien avec Maya. On a la même conception du voyage et surtout, on se marre! Tant que nous nous supportons... nous continuons notre route ensemble.

Et ce soir... devinez quoi? Festa forró bien sur!



21 août 2007

Les aventures de Maya & Clo

Je reprends mon blogounet après quelques jours d'absence. Pas de connexion, ou alors très mauvaise, ou encore pas le temps d'écrire. Sept jours de rencontres et de fêtes. Avec tout ce retard, les histoires viendront en vrac pour quelques morceaux choisis seulement.

Je continue ma route en compagnie de Maya. On s'est bien trouvé toutes les deux. On rit beaucoup, on discute, on a les mêmes envies au même moment. Voyager à deux, être ensemble 24h/24 n'est pas toujours évident. Mais les choses entre nous deux se passent simplement. C'est assez rare de trouver une personne avec qui voyager de cette façon. Pourvu que ça dure.

Arraial D'Ajuda
17 Août - Premier soir
On s'informe de l'endroit - Ze spot - où l'on danse le forró en ce vendredi soir. En 5 minutes, le club où il faut être est repéré. Ce soir, ce sera Madame Fru-Fru. Un groupe de forró joue en direct. Ça virevolte dans tous les sens. L'endroit est bondé et l'ambiance hyper festive. Comme toujours. Ce que j'aime ici, au Brésil, c'est que les gens sortent. Peu importe le jour de la semaine. Peu importe la journée de travail écoulée ou à venir, les gens sortent. Les gens dansent, les gens jouent de la musique, font de la capoeira. Il vivent et savent vivre.
Ça danse particulièrement ce soir chez Madame Fru-Fru. Impossible de rester sans danser. Un premier partenaire, puis deux... et ça s'enchaîne jusqu'à ce que la musique ne cesse, tard dans la nuit. Mes partenaires de danse ce soir sont un rastaman prof de forró, un petit mec qui sent le poisson frit et qui danse dans tous les sens avec un "rebolation" du tonnerre et puis Elton. Nous formons ensemble un duo d'enfert. C'est simple avec lui. Pas de chichi, pas de tournicotis à profusion. Maya, elle, se coltine un vieux et un minuscule bonhomme qui lui arrive à peu près à la hauteur du nombrile.

18 Août
Cette fin d'après-midi, nous allons assister à une roda de capoeira. Les capoeiristas sont tous plus musclés et doués les uns que les autres. Le spectacle est impressionnant. On s'en prend plein la vue. La ferveur qui régne ici est contagieuse. Le fait d'être ensemble, la musique, les chants créent une atmosphère particulière.

Direction ensuite... ben oui... soirée forró. C'est la danse du Nordeste, on ne peut y échapper. Tout le monde s'y retrouve. En deux jours, nous connaissons tout le monde dans cette petite ville.

19 Août
Nous partons ce matin explorer la Costa do Descubrimento. La côte de la découverte. Découverte du Brésil et berceau de la célèbre lambada.
Nous partons à cinq dans une voiture louée.
Il y a Maya, ma compagnonne de route.
Suzanna, une allemande au grand coeur et à la pêche incroyable qui se révèle être un véritable pilote tout-terrain. Elle a relevé avec brio le défit de nous conduire, à cinq dans une fiat punto, sur les pistes de terre boueuses, défoncées et détrempées par les pluies de la nuit.
Reija, la Finlandaise fan de capoeira recontrée dans le bus et recroisée ici dans notre pousada.
Et puis Miguel, un pote brésilien de Suzanna, très coooooooooool.
Notre périple nous conduit à Caraíva, endroit unique, complètement isolé, puis à Praia do Espelho et Trancoso.
Pour la première fois depuis le début de ce blog, cette journée me laisse sans mots. C'est dire! C'est une journée juste... parfaite. Vous verrez les images quand la connexion sera moins merdique.

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Nous sommes de retour à Arraial pour... la soirée forró. Elle a lieu ce soir en pleine rue. La place est bondée. Je retrouve Elton, mon partenaire de choc. Nous dansons ensemble depuis un bon moment quand un brésilien blanc et blond (vous verrez l'importance du détail) rencontré la veille me fait signe. Je m'approche de lui et il me dit tout simplement, sans honte aucune : "Pourquoi vous les touristes aimez les brésiliens noirs. Ils sont mauvais. Ils veulent vous voler votre argent, et si ce n'est pas votre argent ce sera forcément autre chose"... Plutôt que de me lancer dans un débat qui, de toute façon, n'aboutirait à rien avec ce genre de personne, j'ai juste tourné les tongues, sans dire un mot et je suis repartie danser avec Elton. C'est la meilleure réponse que j'ai trouvé à lui donner. Voici une autre réalité du Brésil. Et puis je compte bien profiter de cette dernière soirée ici à Arraial. Demain, on lève le camp.

20 Août
Ce matin, avant de prendre le bus, nous allons voir un cours dans l'autre académie de capoeira. Le cours n'étant pas encore commencé, Tubarão, le maître capoeira tente de m'initier avant que ses élèves n'arrivent. Juste la base : le ginga et quelques postures de défense.
Les brésiliens sont tellement patients. Que ce soit pour m'apprendre les danses locales ou, cette fois, la capoeira. Patients mais fermes, ne laissant jamais tomber et accompagnant leurs instructions d'un encourageant "Isso... Isso...", "C'est ça... c'est ça...".

Il est maintenant temps de mettre les voiles et de continuer notre route pour retrouver George, mon pote brésilien rencontré à Séville. En attendant le bus, nous croisons Elton. Il insiste pour que nous restions jusqu'au lendemain. Il n'a pas à insister bien longtemps. Maya et moi avons comme crédo de prendre les opportunités qui s'offrent à nous et qui, jusqu'à présent, nous réussissent plutôt bien. Et puis aucune de nous deux n'a envie de quitter tout de suite cet endroit et surtout ces personnes dont nous partageons les journées depuis quelques jours.
Ayant déjà libéré notre chambre, Elton nous invite à passer la nuit dans sa maison sur la plage. Tudo legau comme on dit ici. Tranquille quoi...

Nous retournons avec Elton à l'académie de capoeira pour assister à son entraînement. Tous les capoeiristas sont de très haut niveau. Entre chaque enchaînement de dix mouvements, ils font une pause. Et pendant chaque pause, un capoeirista me prend en charge et je continue tant bien que mal mon apprentissage. Le cours se termine par une roda et quelques pas de samba.

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Nous passons la soirée avec Maya et Elton dans la maison sur la plage. Derniers pas de forró avec Elton. Quatre soirées passées ici, quatre soirées passées à danser le forró. Je suis devenue une fan inconditionnelle et les progrès sont incontestables! Et je comprends maintenant d'où vient le fessier rebondi des brésiliennes!

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21 Août
Malgré les protestations d'Elton, nous partons ce matin. Il est temps. Arraial est le genre d'endroit où l'on est tenté de rester. Pas pour la ville elle-même, mais pour les gens qui y vivent. Et je suis persuadée que le Brésil a encore de belles choses à nous offrir. Alors en avant!
Avec un gros pincement au coeur quand même... saudade.

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Quatre bus et quelques heures plus tard, nous retrouvons George dans l'université d'Itabuna où il donne des cours. On se saute dans les bras. C'est tellement étrange de se retrouver ici.

Suite au prochain épisode...

23 août 2007

Itabuna - Ilheus - Itacaré

21 Août
Itabuna n'est qu'un point de rencontre avec George et de transit avant notre prochaine étape.
Ce soir, la famille de Geo nous accueille à bras ouverts. Nous déposons nos sacs chez son plus jeune frère. Nous nous douchons et nous dînons chez son autre frère. Et nous dormons finalement chez une de ses amies qui héberge sa fille.

22 Août
Ce matin nous partons avec Maya pour Ilheus, à une heure de bus plus au nord. Geo nous rejoint demain. Il donne des cours à l'université d'Itabuna aujourd'hui.
George s'est arrangé avec des amis pour qu'ils nous hébergent. Il suffit de connaître une personne au Brésil pour pouvoir être hébergé presque dans tout le pays. Effet boule de neige grâce à l'incroyable hospitalité des brésiliens.
Le point de rencontre avec Claudio n'est pas évident. À la sortie de la ville, descendre à l'arrêt juste après le petit aéroport. Et puis attendre que Claudio vienne nous chercher. Le temps passe, nous attendons en plein soleil. Fait chaud. Nous commençons à nous demander si l'on ne s'est pas trompé d'arrêt. Il n'y a pas vraiment d'arrêt de bus d'ailleurs. 15 minutes après l'heure convenue, pas de Claudio. Une demi heure toujours personne en vue. D'ailleurs, à quoi ressemble t-il? Au bout de trois quart d'heure quelqu'un s'approche. "Clo?" Ouiiiiiiiiiiii, c'est moi. Claudio hyper en retard a envoyé son beau-frère, André, nous chercher. Il ne va pas tarder. Tu parles... trois nouveaux quart d'heure plus tard Claudio se fait toujours attendre. On saute dans un taxi. Claudio nous rejoindra plus tard.
Nous passons l'après-midi et la soirée à Olivença, une petite ville voisine.

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23 Août
Après une matinée à la playa, Maya et moi décidons d'écourter notre séjour à Ilhéus. Tout le monde est hyper gentil avec nous et prend le temps de nous conduire ici et là, mais nous nous sentons dépendantes. Tout cela manque d'imprévu. Nous prenons donc un bus pour Itacaré où Geo nous rejoindra demain.

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Nous nous installons dans une pousada, vrai repère de hippies, et pour fêter notre autonomie retrouvée, nous passons plusieurs heures dans notre hamac à refaire le monde. On n'a jamais pris le temps de se poser de cette façon. On est toujours à droite, à gauche. Dehors du matin au soir et du soir au matin.
Après le dîner, nous passons un moment avec Amedi, le propriétaire de la pousada. C'est un personnage complètement exentrique. Il vit avec Priscilla, sa tortue. Sa chambre est un joli bric à brac tapissé de vieux vinyls. Nous avons également la chance de rencontrer Mireilla, un(e) ami(e) d'Amedi. Mireilla est un travesti complètement à côté de la plaque qui n'a de cesse de nous répéter qu'elle est gay. On avait compris. Fin de soirée complètement loufoque.

25 août 2007

Fazenda - Peninsula de Maraú

24 Août
George et son fils Yang nous rejoignent à Itacaré pour aller ensemble dans la fazenda - ferme - dans laquelle travaille son frère.
Nous quittons Itacaré en canoé. Il nous faut traverser la rivière. Le frère de Geo nous attend de l'autre côté.

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Beto est venu nous chercher en camion. Attention. Pas un petit pick-up de rien du tout. Un vrai gros camion. Nous voilà donc parti Maya, George, Yang et moi sur le plateau arrière. La piste de terre coupe à travers la jungle et d'immenses étendues désertes parsemées de palmiers. Le soleil se couche. Sensation de liberté absolue.
La ferme est une grosse batisse de plein-pied, perdue au milieu de nul part. Dans la péninsule de Maraú. La pièce centrale est une espèce d'immense hangar dans lequel sont entreposés des outils, des poussins en cage sous une lampe chauffante et une pile de magasines qui datent de 1989. Le temps s'est arrêté 18 ans en arrière ici. Les chambres des ouvriers, la cuisine et la salle de bain donnent sur le hangar. Ici, sont cultivés des noix de coco, des fruits de la passion, des mangues...

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À la nuit tombée, Geo & Beto improvisent un feu de camp dans la cours de la ferme. Beto approche son camion et je mets mon CD pirate de forró acheté quelques jours plus tôt au marché. Forró à plein tube. Brochettes de viande grillées au "feu de joie", riz, feijõa. Tout est parfait. J'improvise même une session forró autour du feu avec Yang.

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Cette soirée qui commence très tranquillement prend soudain un autre tournant.
Jamil, le propriétaire de la fazenda nous apprend qu'il y a ce soir un concert reggae à Itacaré, la ville dont nous arrivons juste. En quelques minutes, nous voici repartis tous les cinq dans la voiture brinquebalante. Nous reprenons le canoé. De nuit cette fois. Pas très rassurante la traversée de nuit. Cette soirée un peu folle restera sans images. Aucun de nous n'a été assez inconscient pour prendre son appareil de peur qu'il ne termine au fond de la rivière.
Il y a énormément de monde au concert. Un joyeux mélange de rastamen, de hippies et de surfeurs. Nous dansons jusqu'à 5 heures du matin. Aucun canoé n'est encore à l'embarcadère. Le pêcheur qui nous a conduit à l'allée nous ayant dit de crier son nom au bout de la jetée, au cas où il serait encore entrain de pêcher dans le coin, nous voilà tous les cinq entrain d'appeler "Antonio! Antonio! Antonioooooo!!", dans le vide, face à la rivière. Rien. Pas d'Antonio. Rien qu'une grande étendue noire et immobile. Résignés, nous nous allongeons en rang d'oignons sur le ponton pour attendre un hypothétique passeur. Deux minutes plus tard, tout le monde dort. Une demi heure plus tard, un pêcheur nous réveille et nous retraversons finalement la rivière sur notre frêle embarcation. Le jour se lève. C'est magnifique.
Après la route de terre empruntée pour la troisième fois aujourd'hui, retour au petit matin à la ferme. Nous nous entassons à quatre dans l'une des chambres des ouvriers pour ne nous réveiller qu'à 13h30. Première grasse mat' brésilienne.

25 Août
J'arrive à un point critique de mon voyage. Pas de lessive depuis dix jours. Mes vêtements sont innommables. Sales et puants. Plus rien ne sèche. Tout est humide. Même ce que je n'ai jamais porté. Mes vêtements blancs sont marrons et mes vêtements noirs sont gris.
Nous profitons d'être à la ferme pour faire une tournée de lessive au génie sans frotter. Avec ce soleil et cette chaleur, tout devrait être sec d'ici demain.

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Après un déjeuner de rois, nous partons à six dans la voiture - trois devant, trois derrière - se baigner dans une cascade à quelques kilomètres de là.
La route est encore plus mauvaise qu'hier. Il a plu cette nuit et le chemin est innondé. Ça ne manque pas. La voiture s'embourbe. Pas moyen de la dégager. Nous descendons. Poussons. Tirons. Secouons. Rien. La roue est enlisée. Un homme fini par passer par là et nous arrivons finalement à dégager la voiture. Nous reprenons notre route, cahin-caha, en descendant de voiture à peu près tous les 200 mètres pour éviter un nouvel enlisement.

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Le trajet valait le coup. Après une petite marche dans la jungle, baignade bien méritée dans la petite cascade de Tremembe.
Rebelotte. Trajet retour de nuit. Le soleil a séché la terre. La route est meilleure. L'ami de Beto qui nous accompagne passe l'heure de trajet à nous raconter la légende locale de l'enfant-loup. Il est à fond dans son histoire. À grands coups de gestes, de cris et de bruits en tous genres. Plus le temps passe et plus l'histoire s'étoffe. Il en fait des tonnes. On ne comprend plus rien. Fou-rire général. Il en vient même à faire un détour par le village de l'enfant-loup pour demander à son oncle de confirmer ses dires. Fin du trajet, fin de l'histoire. Nous ne saurons jamais si la légende de l'enfant-loup est vraie ou non. Ici en tout cas, les gens y croient dur comme fer.

27 août 2007

Toujours plus au Nord... Carro, Ônibus, Canoa, Balsa e muito mais!

26 Août
Réveil à 6h30 pour quitter ce petit coin de bout du monde. Ces deux jours passés dans cet endroit coupé de tout ont été une expérience unique. Quelque chose de rare.
Jamil nous a accueillies chez lui avec une profonde générosité. Tout droit sortie du coeur. Pendant deux jours, il nous a logées, nourries, raconté des histoires et même fournies en cigarettes. Il voulait même aller dans la ferme voisine, qui cultive de la marijuana pour nous en cueillir!
Avant de partir, Jamil nous apprend que son fils habite à Salvador. Il l'a déjà appellé ce matin pour lui demander de nous héberger...
Nous reverrons Beto à Salvador. Il y sera vendedi.
Quant à George, nous promettons de nous revoir bientôt. À Paris, à Sevilla ou au Brésil.

Deux des ouvriers de Jamil partent à Barra Grande en voiture. C'est justement notre prochaine étape. Ils nous emmènent avec eux. Barra Grande se trouve à l'extremité de la Péninsule de Maraú. Au bout de cette fameuse piste que nous empruntons depuis deux jours. Il y a eu des averses cette nuit. Il pleut toujours ce matin. Les vêtements que j'ai consciencieusement lavés hier sont trempés. Tant pis. Je mets le tout dans un sac en plastique et yala.
La route est hyper mauvaise. Vitesse moyenne, 20 km/h. Ça secoue dans tous les sens mais le trajet est magnifique. Au bout d'une heure et demi de route chaotique, un camion s'immobilise devant nous. Pourvu que le chauffeur soit entrain de faire une étude technique du meilleur angle par lequel attaquer cette portion innondée. Ben non. Il s'est embourbé. Et juste devant nous. En plein milieu de la route. Impossible de désenliser les roues. On est obligé de faire demi tour. Chemin inverse. Bosses. Flaques. Creux. Boue. Pierres. Trois heures après être parties, nous voici de retour à la fazenda sous l'oeil étonné, puis hilare de tout le monde.

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Avec ce contre-temps, plus le temps d'aller à Barra Grande. Changement de programme. Plan B. Nous partons directement pour Morro do São Paulo, une île au sud de Salvador. Rebelotte. Piste. Nouveaux au revoirs. Canoé. Et nous débarquons à Itacaré. Encore une fois.

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Nous marchons pas loin d'un kilomètre sous un soleil de plomb, nos sacs sur le dos, pour rejoindre la gare routière. Le bus que nous devons prendre ne partant que dans cinq heures, nous nous décidons à prendre le prochain, n'importe lequel, qui va en direction du nord. Le nord. Toujours. En direction de Salvador. Le point final de mon périple.
Un bus pour Ubaitaba - inconnu au bataillon - part dans une heure et demi. En attendant, nous discutons avec Stalone (!), un vieux monsieur barbu exentrique et sa femme, aussi moustachue que lui. Stalone connaît les horaires des bus par coeur. Pour nous éviter d'attendre, il me propose de me prêter sa vieille voiture déglinguée. "C'est gentil Stalone mais non merci. Et puis je n'ai pas mon permis sur moi". Qu'à cela ne tienne... Stalone farfouille dans ses trésors et me tend triomphalement le permis qu'une allemande a du perdre ici. "Je te le donne. Tu peux t'en servir". La demoiselle est blonde aux yeux bleus. Bref, c'est tout moi. Notre bus arrive finalement. Stalone insiste pour que l'on se prenne en photo avec lui le pouce en l'air. Le fameux pouce en l'air brésilien. Un précieux sésame. Il veut tout dire. À la fois bonjour, ça va?, ça va!, aurevoir, merci, cool, non merci, j'ai compris. Bref, ici, on passe sa vie le pouce en l'air.

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Nous voici donc dans le bus pour Ubaitaba, destination inconnue.
Trois heures de route défoncée plus tard, nous voici arrivées. Gare routière de nuit. Plus de bus ce soir. Il nous faut attendre demain matin 8h30. On n'a plus qu'à passer la nuit ici. Nous nous aventurons hors de la gare routière. Il y a une pousada juste en face. C'est hyper sommaire, à la limite d'être glauque. Mais ça fera l'affaire pour cette nuit. Nous regardons un ballet classique brésilien sur une télé à la transmission pourrie. Hyper kitch. Nous allons dîner dans un restaurante a kilo. Le principe : chacun rempli son assiette comme il veut et l'on paie en fonction du poids. L'assiette étant pré-pesée et son poids déduit de la note.
Retour dans la chambre. WoW, les environs de la rodoviaria sont hyper bruyants. La chambre a une espèce de lucarne ouverte sur l'extérieur par laquelle s'engouffrent bruit, vent et moustiques. Le sommier se résume à une planche de bois.
Boa noite!

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27 Août
Je me réveille avec le corps tout endolori, gelée et un oeil énorme. Un moustique a eu la bonne idée de me piquer sous l'oeil. On dirait que je n'ai pas dormi depuis quinze jours.
Nous traversons la rue et nous voici dans la gare routière. La dame du guichet nous apprend que l'on n'est pas certaines de pouvoir prendre le bus. Il arrive du sud. S'il n'y a pas de sièges libres, nous ne pourrons pas monter. Petite incantation à notre bonne étoile pour qu'elle ne nous lache pas ici. Dans ce bled paumé. Ça marche. Il reste deux places au fond. À côté des toilettes. Je passe trois heures à jouer à Madame-Pipi. "Sim está ocupado. Você tem que esperar um pouco". Trois heures de route sinueuse à respirer les effluves des toilettes. Une épreuve pour l'estomac.
À peine sorties de ces toilettes sur roues, nous enchaînons avec un bateau. Une demi heure de traversée jusqu'à Morro do São Paulo.

Nous débarquons à Morro do São Paulo... 20 ans trop tard. Et c'est un peu surprise que je me retrouve à TouristLand. C'est ici que je croise le plus de touristes depuis le début de mon périple. Sensation bizarre de voir autant de corps tous blancs se faire dorer la pilule.

Un orteil tout juste posé sur la plage, nous rencontrons Mario qui nous invite à une soirée organisée ce soir sur la plage.
En attendant, nous nous posons "legau" sur la plage. Je me paie le luxe d'une sieste au soleil. Tous les trajets de ces derniers jours nous ont épuisées. La vie de nomade soumise à une date de retour précise a un prix...

Pour échapper un peu à nos semblables, les touristes, nous partons à la recherche d'un restaurant local dans les ruelles derrière la plage. Nous demandons à un petit garçon qui passe dans le coin notre chemin. Ni une, ni deux, ils nous emboîte le pas pour nous guider. Il s'appelle Joshua et il a 6 ans. C'est un drôle de petit bonhomme. Au bout d'un moment il nous dit qu'il connait un meilleur endroit, juste à côté de celui que l'on cherche. Celui-là, il ne l'aime pas. Trop de sel dans la nourriture dit-il. Et puis il n'y a pas assez de choix. Petit Monsieur sait ce qu'il veut. Nous faisons donc confiance à notre mini ami. Il s'asseoit à table avec nous et nous tape la discute. Il tape même dans mon jus de maracuja. Joshua est adorable et hyper rigolo. Il a une tchatche d'enfert pour son âge.

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28 août 2007

De Morro do São Paulo à Salvador de Bahia

28 Août
Ce matin, exploration de l'autre côté de l'île avec Tre et Baba, deux américains rencontrés la veille. Direction un rocher du quel coule une boue argileuse rose. Bon pour la peau paraît-il. Insolite... Ça nous plait.
On s'assure que la marée est basse, sinon on ne peut pas y accéder à pieds. On passe s'acheter quelques fruits histoire de se faire un petit picnic exotique dans la boue. Et en avant. 25 minutes de marche plus tard, nous voici devant ce gros rocher rose. Ni une, ni deux, on se barbouille de cette boue miraculeuse. La recette, laisser sécher un quart d'heure au soleil puis rincer à l'eau de mer. Hey... pas mal! Tellement bien que l'on vide l'une de nos bouteilles d'eau pour la remplir de ce masque d'argile 100% natural (prononcez "natouraol").
Les locaux nous avaient pourtant prévenus. Ne pas rentrer trop tard pour ne pas se faire coincer par la marée montante. Trop occupés à barboter dans la gadoue, la gadoue, la gadoue... on ne voit pas le temps passer. La marche de retour est assez épique. De l'eau parfois jusqu'à la taille, les sacs portés à bout de bras pour sauver les appareils photo et une tongue rattrapée inextremis. Et finalement, au bout d'une demi heure, terre en vue!

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On repasse à la pousada en vitesse pour récupérer nos sacs et on file à l'embarcadère. 2h30 de traversée pour rejoindre Salvador.
Je ne le sais pas encore, mais je m'apprête à vivre un véritable cauchemard. Ceux qui ont voyagé avec moi savent.
Devant chaque siège, un petit sac en plastique a été consciencieusement accroché. Mauvais augure.
Le temps est mauvais. La mer est agitée. Au bout d'une demi heure, les gens commencent à être malades. Je ne souffre pas du mal de mer. Pourquoi les autres si? Mé euh! Je choisis une place stratégique. Debout, à cheval entre l'intérieur et l'extérieur. Si quelqu'un est malade dedant, je fonce dehors. Et si quelqu'un est malade dehors, ben... je file dedant. Sauf que tout le monde est malade partout. Sortez-moi de là! Trois pauvres brésiliens sont affectés aux sacs plastiques et aux rouleaux de PQ. Ils passent dans les rangs et délestent les passagers de leurs sacs pleins pour leur en donner des vides. L'enfert sur mer... Pendant qu'à l'intérieur, les gens vomissent tout ce qu'ils peuvent, les survivants de l'extérieur regardent deux baleines qui nagent près du bateau. Et moi, je serre les dents.
Les immeubles de la baie de Salvador se dessinent à l'horizon. La délivrance. Enfin.

Omar, le fils de Jamil nous attend au port. Il nous conduit chez lui. Grand luxe. L'appart' est hyper grand et agréable. On a vraiment une chance incroyable.
Omar nous accueille avec une bonne bouteille de vin. Il nous invite à nous asseoir. Le canapé est tellement blanc et Maya et moi tellement sales que l'on n'ose à peine s'asseoir. Mais pour la enième fois de mon séjour au Brésil, j'entends cette phrase : "Sinta-se à vontade", en gros "faites comme chez vous".

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On mange un morceau avant de sortir goûter à la vie nocturne de Salvador, réputée une des plus festives du pays. Ca promet.

01 septembre 2007

Salvador

29/30/31 Août et 1er Septembre
Après plusieurs milliers de kilomètres, une dizaine de bus, quelques périples en voiture, camion, charette, bateau ou canoé et pas mal de marche en tongues, me voici à Salvador de Bahia.
Salvador... point final de mon périple brésilien.
Salvador c'est un bout d'Afrique en Amérique du sud. Il se passe tous les jours quelque chose ici. Et pourtant, nous sommes en hiver. Le carnaval ici doit être pure folie.

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Je vis donc mes quatre derniers jours au Brésil au rythme des percussions, du forró, de la capoeira, de la fête et des rencontres. Omar notre hôte, Nico le CouchSurfeur français, Renamon le capoerista, Omar le cinéaste Colombien, Sydney le rastaman, Robert (prononcez Robertch'), Mónica, Junio et tous les autres.
Maya et moi hantons le Pelourinho, quartier historique de Salvador. Je ne dors pas beaucoup. On quitte l'appartement d'Omar en milieu de matinée pour n'y rentrer qu'au petit matin se coucher. Je profite au maximum. Je fais le plein de joie de vivre, de chaleur et de sourires... histoire de réchauffer mon hiver parisien.

Un mois déjà. Un mois de vadrouille. Je ne pensais pas que j'allais autant aimer ce pays. Il y a un petit quelque chose de spécial ici. Quelque chose de très attachant.
Le départ est dur. Quitter le Braziou. Quitter tous ces gens qui ont fait de mon voyage une expérience unique. Et puis quitter Maya. Ma petite Maya. On a tant partagé. C'est une vraie belle rencontre. On se fait une promesse, repartir ensemble sur la route!

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Os amigos

Un joli petit bug sur le message précédant ne me permet pas de poster les photos au bon endroit... alors ce sera ici.
Un post spécial potes. Une mosaïque de potes. Quatre jours et quatre nuits en leur compagnie.
     
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02 septembre 2007

Saudade

Presque 24h après avoir quitté Salvador j'atterris à Paris. Enfin, mes pieds sont ici mais ma tête est encore un peu là-bas. Il me semble d'ailleurs entendre des airs de forró. Ça doit certainement être le CD qui tourne en boucle depuis mon retour!

Du Brésil que l'on ne connaît trop souvent qu'à travers les images de favelas, de violence, de futchbol ou de carnaval, je rentre avec des souvenirs plein la tête. En vrac... Des sourires en pagaille. Musique. Une végétation folle. Festa. Le goût de la caipirinha. Générosité. Des havaianas de toutes les couleurs. Danses. Des images d'enfants dorés comme des pains d'épices aux cheveux blonds. Rires. Couleurs. Rythmes endiablés. Simplicité. Des ciels incroyables. Joie de vivre. Retrouvailles. Rencontres. Nouvelles amitiés.

Habituée jusqu'ici à la retenue asiatique, la douce folie brésilienne m'a ravie. Aujourd'hui, je ressens très fort ce fameux sentiment de "saudade". Brésil... tu es entré dans mon coeur par la grande porte.

Mon prochain voyage? Brésil! Je n'en ai pas encore terminé avec ce géant.

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24 septembre 2007

Épilogue

Pour ceux qui ont envie de découvrir l'ambiance de la festa brasileira.
Pour ceux qui connaissent et qui ont la nostalgie du Brésil...
Chaque jeudi soir à l'OPUS CANAL à Paris, de 21h au petit matin, c'est soirée forró!
100% Brésil garanti...

Ate mais!
Clô.

Plus d'infos sur :
forro.praxamegar.free.fr/news/index.php/Regulier

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